Millay, le village du bois énergie

La Bourgogne a été une des régions pilotes en ce qui concerne le chauffage avec plaquettes forestières. Et Millay un village précurseur en ce qui concerne l’installation d’une chaufferie à bois déchiqueté communale.

A qui doit-on la réalisation de cette chaufferie ?

A un artisan local, Alain Gold, (voir portrait dans l’article « Les bardeaux de châtaignier »), chauffagiste résidant dans la commune, et à une dizaine d’agriculteurs qui se sont associés pour créer une CUMA (Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole) de déchiquetage en 1989.

A l’époque, cela fait déjà quelques années qu’Alain étudie la question. Il s’interroge sur le matériel et fait de nombreux déplacements afin d’en savoir davantage. Il va visiter des installations en Autriche et en Allemagne, compare les différents types de modèles.

Il fait des essais dans sa propre maison, puis installe une première chaufferie de type primaire au château des Moindrots à Luzy en 1988.

La création de la CUMA permet à la commune de Millay de s’équiper en 1993 d’une chaufferie collective pour assurer le chauffage de plusieurs bâtiments communaux : la MARPA (Maison d’Accueil Rurale pour Personnes Agées), la mairie, le presbytère, le bâtiment de la poste, la salle des fêtes et la bibliothèque. Consommation annuelle : environ 700m3.

L’installation de cette chaufferie à bois déchiqueté est particulièrement intéressante pour les résidents de la MARPA, puisqu’elle permet à ceux-ci de se chauffer pour 1,95€ par jour au lieu d’un prix moyen de 3,90€.

20100601-003Visite de la chaufferie de Millay.

Nous nous sommes d’abord arrêtés au hangar de stockage, qui se situe un peu en contrebas du village, non loin du terrain de sport. 400m3 de plaquettes sont à l’abri sous cet hangar, le reste en rondins est dehors.

Au départ, le bois déchiqueté était fourni par le GIE (Groupement d’Interêt Economique) des Producteurs de Bois de Millay. Aujourd’hui, ils continuent le déchiquetage, mais une partie de la matière première est achetée à l’extérieur. La commune prend en charge la part destinée à la MARPA.

Une grande machine déchiquète des troncs à une moyenne de 30m3 par heure.

Alain insiste beaucoup sur la qualité de la granulométrie. Les copeaux ne doivent être ni trop grands, ni trop petits. Trop grands, cela risque de bloquer la vis sans fin, élément qui permet d’alimenter le brûleur, et trop petits ils tombent en poussière.

L’idéal est 2cm de haut sur 2 cm de large avec une épaisseur de 5mm.

Ce sont les employés de la commune qui viennent chercher le bois déchiqueté pour l’emmener au silo. Celui-ci a été rajouté à un atelier déjà existant  au cœur même du village.

La chaufferie se trouve en contrebas du silo. Dans le fond de celui-ci, un plateau muni de bras tourne, les bras ramenant les copeaux dans la vis sans fin. Avant d’entrer dans la chaudière, ceux-ci passent dans une écluse rotative munies de quatre compartiments. Cette écluse sert à couper éventuellement les morceaux trop gros, et par un système de vanne à clapets anti-retour, éviter que le feu remonte dans le silo.

20100601-007Puis c’est l’entrée du combustible dans la chaudière. Celle-ci comprend trois parties (chambres) :

  • La chambre de combustion où la température atteint environ 800 degrés Celcius. Deux ventilateurs sont additionnés à cette chambre de combustion ; un premier ventilateur d’air primaire sert à activer la combustion du bois qui arrive et un ventilateur d’air secondaire réinjecte de l’air dans les gaz de combustion.
  • La chambre de tranquilisation dans laquelle se situe le circuit d’eau.
  • Les carnaux au nombre de 3, dans lesquels refroidissent les fumées. La chaleur est ensuite évacuée par la cheminée à environ 200 degrés C.

A la sortie de la chaudière, est situé un bac de décendrage qui est vidé manuellement en moyenne toutes les 3 semaines. (Un peu plus souvent en période de forte consommation).

Nous avons constaté, la chaudière étant en action, qu’il y avait très peu de déchets.

Si, après cette explication quelque peu technique, vous avez du mal à visualiser le fonctionnement… n’hésitez pas à appeler ou passer voir Alain. il se fera un plaisir de tout vous montrer et vous expliquer bien mieux que moi.

Actuellement, Millay est la commune du PNRM qui comprend le plus grand nombre de ces installations en activité, la chaudière collective que nous venons de voir, plus huit autres individuelles. Ce qui lui vaut cette appellation de “village du bois énergie”.

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